Jeanne la Pucelle - Les Batailles et Les Prisons
le 17 septembre 2019

Jeanne la Pucelle - Les Batailles et Les Prisons

Jacques Rivette
1994 / 336 MIN / France
Partie 1 : « Les Batailles »
La jeune Jeanne, motivée par l’apparition de saint Michel, sainte Marguerite et sainte Catherine, cherche une escorte pour aller retrouver le Dauphin - futur Charles VII - et libérer la ville d’Orléans du joug des Anglais. Moquée, Jeanne se bat pour être entendue.  

Partie 2 : « Les Prisons » 
Après un adoubement en bonne et due forme, Jeanne est en proie au doute. Bientôt, l’Eglise et le Dauphin ne lui font plus confiance, et de la prison où elle est enfermée, elle sera jugée, puis brûlée à Rouen. 

En 1994, Jacques Rivette libère le plus célèbre personnage de l’Histoire de France de la prison idéologique des « nationalistes » et des « réactionnaires » pour lui restituer son caractère de poétesse de l’action : inspirée, drôle, impatiente, impulsive, vivante. Jeanne la Pucelle, c’est une adolescente androgyne géniale à la Rimbaud, qui sait qu’elle n’a pas beaucoup de temps devant elle et qui doit sans cesse batailler contre des adultes mous, traîtres, veules qui préféreraient qu’on s’y mette demain ou après-demain. C’est une femme jeune et tout d’une pièce dans un monde d’hommes vieux, reprisés et rapiécés. Ses Batailles sont pour moitié des batailles contre l’occupant Anglais, pour moitié contre la lâcheté des Français et les intrigues de l’Eglise. Ses Prisons sont toujours celles de la déloyauté humaine. A partir des témoignages publiés par Régine Pernoud dans Jeanne d’Arc par elle-même et par ses témoins, Rivette fait de l’héroïne interprétée par Sandrine Bonnaire une grande sœur de Anne (Paris nous appartient), de Céline et Julie, de Lucie (Duelle) et de la Bande des Quatre, à l’avant-garde des héroïnes de séries télévisées contemporaines et des activistes féministes visionnaires. Un film qui parle au poète adolescent et à la guerrière gnostique qui réside en chacun de nous et qu’on doit sans cesse réveiller face à l’avilissement qui vient de l’âge et des habitudes.
- Pacôme Thiellement -