information post-it
 
title search

Actualités


Historique

BÉLA TARR, TERRE D'HIVER

Il y a des heures où tout s'éclaire pour un cinéaste, où l'ombre dans laquelle il baignait depuis des années est soudain traversée de lumière. Pour que cela se produise, il faut toute une série d'événements en sa faveur : des prix, des rétrospectives, des sorties en salle, une couverture presse... Bref, une reconnaissance. 
Il a fallu que Béla Tarr annonce sa retraite avec Le Cheval de Turin, auréolé d'un Ours d'Argent au festival de Berlin, pour bénéficier enfin de cette gratitude, affermie par la rétrospective que le centre Pompidou consacre à son œuvre du 29 novembre 2011 au 12 janvier 2012.


 Enfant prodige du cinéma hongrois, Béla Tarr commence à tourner ses premiers mètres de pellicule à 16 ans. D'abord influencé par le style de John Cassavetes, ses premiers films sont fortement inspirés par le réalisme social. C'est au milieu des années 1980 avec Almanach d'automne (1984) et surtout Damnation (1987) que Béla Tarr réalise sa mutation. Des sujets noirs, dans des paysages délabrés de fin du monde, hantés par le sentiment du complot, et dans lesquels physique et métaphysique cohabitent comme rarement dans l'œuvre d'un cinéaste. Physique - car le monde décrit est toujours prosaïque, enraciné dans la matière du monde, lourd, terrestre. C'est la Hongrie, son froid tenace, ses plaines gelées, infinies. Métaphysique - car Béla Tarr part à la quête de l'homme absolu dans de grandes fresques lyriques et épurées, portées par un noir et blanc majestueux et les grandes ponctuations musicales de Myali Vig. A ce titre Satantango (1994) et Les Harmonies Werckmeister (2000) sont sans doute ses deux films les plus aboutis. Chacun des longs plans séquences qui les composent construit un monde dans lequel nous sommes invités à demeurer par le regard, un monde qui a sa durée, son espace, son rythme, son ordonnancement. Béla Tarr sonde notre silence. Et dans la lignée des grands cinéastes qui ont tenté de capter l'invisible - Dreyer, Bresson, Tarkovski - cherche à extraire de la matière sa part sombre et mystérieuse, spirituelle.
Voir les Films de Béla Tarr disponibles en DVD

LE PLEIN DE CAVALIER 

Salué unanimement à Cannes pour son film Pater, Alain Cavalier revient sur le devant de la scène. Cinq de ces films, introuvables jusqu’alors, paraissent enfin en DVD (édités parPathé). Les revoir nous permet de prendre la mesure du cheminement de ce réalisateur inclassable, auteur d’une œuvre hétérogène, d’une grande rigueur dramatique et formelle, située à la frontière de la fiction et du documentaire. 

Voir les films d’Alain Cavalier disponibles en DVD

Avec Le plein de super (1976), Alain Cavalier gagne en liberté, s’affranchissant pour la première fois des règles de production conventionnelles. Tourné avec une équipe légère et co-écrit avec les acteurs, Le plein de super est un film d’une spontanéité inouïe, aérien et hilarant, qui emprunte au genre du road-movie les codes de la fuite et de l’initiation. Trois ans plus tard, il réaliseMartin et Léa, un film de fiction qui met en scène un vrai couple dans la vie, et en 1981 Un étrange voyage dans lequel sa propre fille raconte sa vie à Jean Rochefort. Avec ces deux films, Alain  Cavalier pousse plus loin sa méthode de travail introspective et « documentarisée », qui le conduit à opter pour la vidéo au début des années 2000. Désormais seul avec sa caméra DV face à ses sujets, à l’égal des peintres impressionnistes qui sortirent des ateliers et purent s’ouvrir à la lumière du monde grâce à l’invention des tubes de peintures souples inventés par l’industrie, Alain Cavalier note les impressions fugitives du temps et des phénomènes à travers une série de portraits intimistes et personnelles. René (2002) et Irène (2009) participent de cette série, et viennent confirmer l’étonnante modernité de ce cinéaste octogénaire, qui n’a jamais cessé durant toute sa carrière de renouveler son art, de mesurer son geste, d’interroger sa pratique. Ces cinq films, agrémentés d’une dizaine de court-métrages passionnants, sont vendus individuellement à la boutique POTEMKINE à partir du 3 novembre.

LES FILMS D'ALAN CLARKE EN DVD (06/10/2011) 

Figure-clef du cinéma britannique des années soixante-dix et quatre-vingts, l’œuvre du cinéaste ne recule devant aucun des sujets brûlants de son époque et balaie le spectre de toutes les violences : prisons juvéniles (Scum, 1979), hooligans (The Firm, 1988), jeunes en déshérence (Made in Britain, 1982) ou guerre civile en Irlande du Nord (Elephant, 1989).
Réalisateur pour la BBC, Alan Clarke a néanmoins réalisé une véritable œuvre de cinéaste. Son travail donne à voir une société anglaise populaire, marginale et violente. Le choix de thématiques fortes – hooliganisme, mouvement skinhead – donne lieu à une mise en scène contrastée et physique dans laquelle sourd une grande empathie pour les personnages.

Potemkine vous propose de découvrir deux longs métrages (Scum, 1979, et Made in Britain, 1982) et deux moyens et courts métrage (The Firm, 1988, et Elephant, 1989).

Voir les fiches du coffret et des DVD