LES NOUVELLES DE LA BOUTIQUE  —  23 JANVIER 2015

NOTRE SÉLECTION NOUVEAUTÉS
 
Voici un début d'année riche en sorties dvd et blu-ray, en suprises avec de l'incontournable, du répertoire. Ci-dessous notre sélection de 6 nouveautés à découvrir !

 L'équipe de la boutique.
 
Le cinéaste militant René Vautier nous a quitté en ce début d'année. L'occasion de redécouvrir le travail sur l'Algérie du réalisateur d'"Avoir 20 ans dans les Aurès". Encore et toujours plus d'actualité aujourd'hui. A avoir dans toute dvdthèque qui se respecte.
Au début de sa pléthorique filmographie (Les Vikings, Soleil vert), on trouve chez Richard Fleischer Compulsion (titre original du Génie du mal) adapté d'un fait divers : deux étudiants brillants et issus de bonne famille décident de commettre le « crime parfait », convaincus qu’un « surhomme » débarrassé du poids des affects peut s’affranchir des entraves des lois et jouir d’une totale liberté.
Vraie belle surprise de l'an dernier, ce film brésilien, qui n'est pas sans nous rappeler un C. Reygadas ou A. Escalante,  a suscité un vif débat au Brésil à quelques mois du projecteur international qu'était la Coupe du Monde. On nous campe le quotidien d'un quartier de la classe moyenne de Recife qui change peu à peu quand vient s'installer une entreprise de sécurité privée. La présence de ces hommes transforme le sens du mot « sécurité » et apporte un bonne dose d'anxiété dans une culture où règne la peur...
Et si je vous disais que l'avenir du cinéma se trouvait dans ce genre d'initiative, c'est à dire loin du système de production et financement classique du cinéma français qui, soyons honnête, ne donne naissance qu'à de très rares bons long-métrages. Faire des films librement, sur des méthodes de production totalement alternatives, et qui permet alors une liberté de ton formidable et de l'inattendu. C'est ce qu'à fait Thomas Seban avec ce film qui narre une partie de ping pong bavarde entre deux hommes. On pense à Beckett évidement pour le ton décalé du dialogue entre deux hommes perdus au milieu d'on ne sait où, mais aussi à un cinéma de l'absurde représenté en France par Dupieux ou Forgeard par exemple. Et si le film n'est pas parfait, on se dit qu'il est peut-être une sorte d'essai de laboratoire, posant la question "qu'est-ce que l'on peut faire hors des sentiers battus et sans pognon aujourd'hui en France" . Un film fait avec une envie et une humilité évidente donc, et qui offre une fraicheur bienvenue dans le paysage.
Voilà un film qui, partant d'une affaire célèbre, est pourtant resté invisible pendant tant d'années. Et Carlotta le sort au bon moment car, si l'infâme procès contre Sacco et Vanzetti avait pour but de désigner de parfaites têtes de turc et justifier ainsi un tournant sécuritaire dans la politique intérieure US, on ne saurait faire autrement qu'un rapprochement avec les événements actuels, cette stratégie de désigner confortablement des coupables ayant toujours existé. D'ailleurs Montaldo n'oublie pas l'actualité contemporaine au tournage et l'étrange répétition de l'histoire (les brigades rouges sont en train de voir le jour en Italie, la tension est grande). L'immense force de ce film, c'est qu'il est un film partisan, engagé, enragé, soutenu par sa tête d'affiche qui ne cachait pas ses sympathies gauchistes. Le but du film est éminemment politique, Sacco et Vanzetti étant un peu les martyrs historiques des anarchistes (ce qui donne d'ailleurs une scène formidable où les deux condamnés devinent amèrement leur futur statut de symbole). De là vient son émotion, d'une rare intensité, que l'ami Morricone saura accompagner de son talent. Quarante ans plus tard, le film n'a pas pris une ride, l'émotion est intacte et les larmes qui coulent sur les joues du jeune spectateur sont toujours celles de l'indignation et de la colère. Viva l'anarchia !
Une plongée de 2h45 dans un Japon que l'on imagine pas... celui d'invisibles, des couches populaires aux illusions brisées par la crise, d'immigrés brésiliens ou thaïlandais, de la culture hip-hop... Déroutant